Pourquoi le Liban-Sud?

Frappé par une longue guerre civile, le Liban tente de se sortir du marasme économique dans lequel il s'est enlisé. Au delà de ces difficultés touchant toutes les couches de la population libanaise, la région du Liban Sud a été longtemps (et est encore) délaissée par le pouvoir central de Beyrouth. Les habitants de cette région ne sont l'objet d'aucune politique de développement culturel et éducatif. Or, le besoin est là. La population de la région est très demandeuse mais moyens et opportunités font défaut. Il s'agit pour nous de nous adresser à des populations défavorisées jusque dans leur accès aux projets non gouvernementaux.

Les enfants n'ont pas pu bénéficier d'un environnement pacifique pour grandir et s'épanouir dans les meilleures conditions. Ajoutons à cela le fait que le système éducatif, public en particulier, est incroyablement défectueux, tant au niveau des moyens matériels que des compétences pédagogiques des enseignants et ce, malgré leur bonne volonté. Néanmoins, les enfants apprennent tous une langue étrangère – que ce soit le français ou l'anglais – dès la maternelle, qu'ils soient dans des écoles privées ou publiques. C'est là que le bât blesse : le système éducatif libanais est scindé en deux, entre privé et public, d'une façon bien différente de celle qui prévaut en France. Le privé domine sur le public qui est totalement dépourvu de moyens, financiers et matériels. Nous avons pu constater aussi que des enfants du même âge, selon leur lieu de scolarisation, peuvent être bilingues voire trilingues ou tout à fait incapables de comprendre une phrase simple dans une langue qui leur a été enseignée pendant six ou sept ans.
Nos activités se deroulent à Charqiyé, un petit village dans le Sud-Liban, près de Nabatiyé.

L'élément déclencheur

L'envie de ‘faire quelque chose' est partie de la révolte d'un groupe d'amis, au cours d'un voyage au Liban, devant le délabrement dans lequel est laissée cette région du Liban et devant la situation de l'école publique et des enfants. Ensuite, de par nos parcours personnels, nous sommes tous sensibilisés à la nécessité pour un enfant de communiquer et d'échanger avec des personnes d'horizons différents.

Pourquoi nous ? Premièrement chacun d'entre nous s'est déjà investi dans des projets éducatifs, sociaux ou d'encadrement d'enfants avant celui-ci. Ensuite nous nous sommes, un peu par hasard, retrouvés autour de quatre amies d'origine libanaise qui se sentant particulièrement concernées par la situation de leur pays nous ont fait connaître le Liban sous un visage différent de celui que nous connaissions auparavant.

Par ailleurs, quatre personnes de notre groupe font des études de Français Langue Etrangère et ce projet leur permet de mettre en pratique les connaissances acquises durant leur cursus universitaire et l'animation sur le terrain d'acquérir une réelle expérience de l'enseignement du F.L.E. Cette expérience, vécue par l'une d'entre elles durant l'été 2001, a revêtu un caractère tout particulier. En effet, après sa participation à la première session d'activités, Leila a inclus l'enseignement du F.L.E dans son projet de vie alors qu'elle se dirigeait, à l'époque, vers une autre profession.

De plus, six d'entre nous sont issus de cultures différentes ce qui les incite à se questionner sur les situations d'inter culturalité. Cette réflexio n personnelle leur permet de mieux appréhender l'acte pédagogique en tant que négociation interculturelle et de mieux gérer les difficultés ou les réticences que peuvent ressentir les enfants, les parents mais aussi les membres de notre équipe vis à vis d'une culture autre.

En 2004 les cours et les activités ludiques ont eu lieu dans l'école publique à coté de la vieille mosquée.